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Février 2007 | s'abonner | se désabonner | nous contacter

 

Les fondateurs de petites entreprises locales disposent maintenant de nombreux moyens de financer leur entreprise

Dans le passé, les créateurs d’entreprises ne disposaient que de possibilités extrêmement limitées pour financer leurs projets. Il leur fallait souvent s’en remettre à des banques ou à des réseaux locaux souvent inefficaces fondés sur des relations politiques, tribales ou familiales pour obtenir le financement nécessaire. Ceci a maintenant changé et l’on assiste à une explosion d’idées nouvelles concernant le financement du démarrage des petites entreprises et sur la meilleure manière d’aider les créateurs locaux de petites entreprises.  

Des concepts tels que l’investissement socialement responsable, les entreprises sociales et le commerce équitable ont ouvert de nouvelles possibilités au développement des entreprises.  Tous sont articulés autour de ce qu’il est convenu d’appeler les 3 P ou le triple objectif : personnes, planète, profits.  Le refrain de l’économiste Milton Friedman selon lequel la seule responsabilité des entreprises est l’augmentation des profits s’avère faux. Quelques-uns vont jusqu’à dire que l’entreprise sociale est le modèle du 21e siècle.  

« Il y a beaucoup d’argent à gagner dans ce domaine » a déclaré James Baderman de What If, compagnie d’innovation britannique qui emploie 300 personnes et consacre 10 pour cent de ses bénéfices à la mise en place et à la croissance des entreprises sociales.  « Les possibilités sont énormes : il suffit de regarder la croissance à deux chiffres de commerce équitable et des marchandises biologiques au cours de la décennie écoulée. Le consommateur base de plus en plus ses choix sur la moralité des produits ».

Beaucoup de participants au mouvement de l’entreprise sociale pensent que pour mettre fin au cycle de la pauvreté et de la stagnation économique, il faut créer des entreprises durables qui paieront des impôts locaux et emploieront des personnes vivant sur place. Ils ont aussi adopté et adapté les techniques utilisées par les sociétés multinationales pour améliorer l’attrait de leurs produits. Un élément déterminant de ces entreprises socialement responsables est la marque et le marketing.

Au Kenya, l’organisme britannique Traidcraft (www.traidcraft.co.uk), qui combat la pauvreté par le biais d’une large gamme d’activités liées au commerce, associant une société caritative de développement à une société de négoce, coopère avec le Réseau d’agriculture biologique du Kenya pour ouvrir des débouchés aux plantes aromatiques, épices et produits connexes dans les marchés locaux et internationaux dont les gommes, les résines (par ex. l’oliban), les plantes aromatiques telles que la coriandre, l’origan, l’ail et le lemon-grass, des épices telles que le paprika, les piments, le romarin, la mélisse citronnelle et les huiles essentielles telles que l’huile de mollé, l’huile de sinoni et l’huile de megalocarpus – toutes cultivées dans des zones arides marginalisées.

Un autre projet axé sur le Kenya mais applicable à toute l’Afrique est mené par le Mark Leonard Trust basé au R.-U. Appelé projet d’intégration des artisanats africains, il cherche à amplifier la demande de produits d’artisanat du Kenya sur le marché britannique. Il planifiera la demande en s’axant sur les zones de croissance (telles que les paniers, les bijoux, le cuir), mettra l’accent sur le particularisme des produits de l’artisanat africain et appuiera le développement des produits correspondant aux tendances remarquées du marché. L’objectif est de lancer une gamme de produits de marque kénienne à une foire commerciale en 2008.

Les options de financement se diversifient au-delà de l’amélioration de la marque, du marketing des entreprises sociales et du commerce équitable. Le 4e concours annuel de plans d’affaires d’entreprises socialement responsables de la Fondation William James constitue une autre possibilité.de financement des entrepreneurs sociaux en herbe.   Il récompense les gagnants qui élaborent un plan dans lequel s’harmonisent personnes, planète et profits, par un prix de 40 000 USD en espèces et des conseils d’experts pour faire en sorte que l’argent soit bien dépensé.  Nous citerons parmi les gagnants antérieurs des entreprises à risque aussi diverses qu’une société afghane qui envoie des messages texte SMS sur les alarmes de sécurité et d’autres fabriquant des vêtements biologiques faits main et des paquets de vaccins portables pour les lieux éloignés.

« Nous nous trouvons à un tournant où l’entrepreneur qui opte pour les valeurs de durabilité à long terme est celui qui réussira » affirme Ian Fisk,  directeur général de la fondation William James et activiste de longue date du commerce équitable par l’intermédiaire de Net Impact. « La plus grande partie de ce que les gens considèrent activisme environnemental et social est simplement une réflexion à long terme en ce qui concerne les coûts de l’énergie et les ressources humaines.  Il existe des milliers de bonnes idées. La fondation veut trouver celles qui sont assorties de solides plans d’affaires et les aider à réussir. »

La réussite de cette approche a également attiré l’attention de sociétés multinationales comme la société pétrolière Shell.  La fondation Shell examine les entreprises qu’elle soutient du strict point de vue de la perspective commerciale.  Plutôt que de voir un producteur qui a besoin de produire, elle étudie d’abord le marché et le consommateur puis procède à rebours pour que le producteur fabrique les objets qui vont se vendre.  « Une microentreprise ne peut être durable que si elle dispose d’un accès viable au marché » affirme Sharna Jarvis, Directeur du programme de la Fondation  Shell.  « Le problème, avec le modèle courant de micro-finance est qu’il commence par le producteur et pas le consommateur. Seul compte ce que veut faire une personne et l’accent n’est pas assez mis sur la possibilité de vendre le produit. »

Un nouveau moteur de recherche Internet appelé GoodSearch cherchant un nouveau moyen se créer un flux constant de fonds aux organismes sans but lucratif qui visent à soulager la pauvreté, vient d’être lancé. Il verse 50 pour cent de ses recettes publicitaires (environ un centime de dollar la recherche) aux organismes sans but lucratif choisis par ses utilisateurs. Il est porté par le célèbre  portail Yahoo!  Si par exemple 1,000 supporters faisaient seulement deux recherches par jour, cela apporterait 7300 USD par an à un organisme.

La Fairtrade Foundation (FTF) aide les agriculteurs et d’autres producteurs à gagner un revenu convenable et à se procurer de bons soins médicaux et une bonne instruction.

Réseau de ressources concernant le commerce équitable: http://fairtraderesource.org/about.html 

Unltd (prononcé Unlimited), œuvre caritative soutenant les entrepreneurs sociaux .

Excellente ressource pour entrer en contact avec les entreprises sociales de marque et toutes les ressources nécessaires pour démarrer: www.socialenterprise.org.uk 

Equitrade aide les entreprises des pays pauvres à mettre au point des produits finis ou semi-finis à vendre dans les pays riches.

Le 4e concours annuel de plans d’affaires d’entreprises socialement responsables est ouvert aux entreprises à but lucratif (ou idées d’entreprises) dont un membre au moins est actuellement étudiant ou a terminé ses études il y a moins de cinq ans.

Pour en savoir plus, contacter : www.williamjamesfoundation.org ou email: ian.fisk@williamjamesfoundation.org.




L'obtention de droits fonciers pour les pauvres porte maintenant ses fruits

La question très controversée des droits fonciers des pauvres n’a jamais été plus d’actualité. Les preuves abondent maintenant que l’accès à des droits fonciers peut propulser les démunis hors de la pauvreté et stimuler la croissance de l’économie. Les expériences menées en Chine et en Inde démontrent le pouvoir économique que dégage l'attribution aux pauvres de pleins droits juridiques à leurs terres.  Le problème peut être plus  épineux en Afrique où une grande partie de la terre est encore possédée sous le régime du droit coutumier dans lequel les personnes la détiennent par l'intermédiaire de leur clan ou de leur tribu ou bien sont considérées propriétaires du lieu où elles habitent, sans documents officiels.  De nombreux pays modifient leurs lois pour passer à un système de titres officiels mais le processus est mis en place de manière très inégale et certains doutent que les titres de propriété de type occidental puissent s’appliquer au contexte africain.  

Alors qu’il existe de nombreux programmes visant à diminuer ou à éliminer la pauvreté par l’intermédiaire du microcrédit, de subventions ou d’aides, certains pensent que le secret réside dans la création d’un cadre solide de droits de propriété qui donne aux pauvres des garanties importantes utilisables pour lever de l’argent contre la valeur de la terre sur laquelle ils vivent.  L’économiste péruvien, Hernando de Soto, a calculé que la valeur totale des habitations urbaines parallèles et des terres rurales possédées en vertu du droit coutumier est supérieure d’environ trois fois au PIB total de l’Afrique et 100 fois supérieure à son investissement direct à l’étranger.

L’urgence de ce problème apparaît dans le nombre de paysans pauvres dont beaucoup migreront vers les villes du monde en rapide expansion. La Chine compte 800 millions de paysans pauvres, en Inde, leur nombre s’élève à 270 millions et 70 % de la population de 888 millions d’habitants que compte l’Afrique (2005, UN) sont des pauvres paysans.

L'Institut de développement rural, ONG basée à Seattle, Washington (USA) et qui dispose de bureaux et de projets en Inde, en Chine, en Indonésie, en Russie et en Afrique utilise des juristes pour promouvoir et combattre en faveur de droits à la terre pour les paysans pauvres. À ce jour, le RDI a aidé plus de 100 millions de familles pauvres dans le monde, à obtenir des droits à la terre. L’approche selon laquelle les pauvres reçoivent une aide pour acquérir des actifs fonciers, s’appelle micropropriété. Il ne s’agit souvent que de petites parcelles de terre - parfois 0,04 ha qui peuvent pourvoir aux besoins nutritionnels d’une famille et la mettre sur la voie du cycle vertueux du soulagement de la pauvreté transgénérationnelle à long terme et de manière durable.

Selon Radha Friedman, directrice adjointe au développement et à la communication, tout juste de retour d’une visite des projets Indiens du RDI, « La micropropriété transforme la vie des paysans pauvres ».  « À l’extérieur de Bangalore, dans l’état de Karnataka une femme qui ne possédait pas de terres travaillait deux postes par jour sous le soleil accablant.  Elle parvenait à peine à nourrir ses enfants. Elle gagnait de 8 à 10 roupies par jour lorsqu’une bouteille d’eau en coûte 10. Nous l’avons aidée à acquérir une parcelle de terre pour faire pousser des fleurs de jasmin qu’elle vend au marché. Elle gagne maintenant entre 85 et 200 roupies par jour.  Elle peut désormais manger trois fois par jour et se permettre d'envoyer ses enfants à l'école. Bien qu'elle ait déclaré ne pas avoir pensé au chemin parcouru, la fierté de sa réussite apparaissait clairement.  Un certain nombre d’états indiens ont adopté ce programme qui permet aux gens d’acheter des micro-jardins et des micro-parcelles. Le succès a été tel que d’autres états indiens manifestent maintenant leur intérêt. »

« Rien de ceci ne s’est produit du jour au lendemain » a souligné Lincoln Miller, Directeur des opérations de RDI. « Nous avons effectué beaucoup de recherche et sondé les paysans pauvres. Nous avons analysé l’effet des lois sur leur situation.  Il nous a fallu beaucoup de temps pour changer les attitudes du gouvernement. Notre espoir est de trouver une voix au sein d’un gouvernement qui nous écoutera. Il faut que les gouvernements comprennent que le droit à la terre constitue l’un des meilleurs moyens pour sortir de la pauvreté. En Afrique, nous œuvrons essentiellement au Burundi, au Rwanda et en Angola. En plus de coopérer avec le gouvernement en vue de modifier la politique nationale et les lois, nous menons une campagne de sensibilisation et d’éducation au niveau de la population, ciblant particulièrement les femmes. Les droits fonciers sont une question politique. La majorité des pauvres du monde vivent dans les campagnes. Leur donner des droits fonciers devrait atténuer la migration vers la ville. » 

Parmi les avantages de la propriété foncière, il faut citer une amélioration de la situation de famille, la fierté et l’espoir, une diminution de la faim et une amélioration de la nutrition de la famille grâce aux produits cultivés sur la terre, des revenus accrus par la vente des excédents de production, une amélioration de la santé rurale, y compris une diminution de la mortalité infantile et une diminution des décès consécutifs à la maladie ou à l’infection en raison de la malnutrition à quoi il faut ajouter une augmentation de l’intensité de la culture et de la productivité, des investissements dans la terre motivés par des droits fonciers sûrs, une augmentation des économies familiales résultant de la possibilité d'investir dans des améliorations de la terre, la capacité des pauvres à bénéficier de l’augmentation de la valeur des terres, la possibilité accrue de mener des activités de micro-entreprise, l'autonomisation des femmes et la diminution de la nécessité de migrer vers des zones urbaines déjà surpeuplées.

Cependant en Afrique du Sud, les droits fonciers ont été encore compliqués par la situation créée par l’apartheid. En 1994, 80 des terres agricoles étaient aux mains des blancs. Le pari au pouvoir, l’African National Congress (ANC) veut voir un transfert de  30 pour cent de celles-ci à des noirs d’ici à 2015. Les noirs peuvent aussi réclamer la propriété de terres s’ils vivent dessus.

La forte réaction contre les expériences de collectivisation de la terre se comprend car les gens gardent en mémoire l’expérience de la Zambie où pendant la présidence de Kenneth Kaunda, tout a été nationalisé, des mines de cuivre à l’épicerie du coin. Les revenus moyens annuels ont diminué de près de moitié en quarante ans en dépit de l’aide par tête à la population la plus élevée du monde.

Il suffit à toute organisation ou particulier cherchant à obtenir des droits fonciers de contacter le RDI par courrier électronique pour mettre en marche le système judiciaire.  

Le Centre sur le droit au logement et les expulsions suit les expulsions de terres.  Il ressort de son dernier sondage portant sur les expulsions qui se sont produites entre 2003 et 2006, que près de 2 millions de personnes en Afrique et plus de 2,1 million de personnes en Asie et dans le Pacifique ont été expulsées de leur habitation depuis 2003.

Basée au Cap (Afrique du Sud), Les habitants de cabanes/taudis International cible la souffrance des gens vivant dans les zones semi-urbaines et urbaines : http://www.sdinet.org/

L’Alliance des villes: des villes sans taudis] relie entre elles une coalition mondiale de villes et leurs partenaires en matière de développement ayant pris l’engagement d'augmenter les approches réussies à la réduction de la pauvreté: http://www.citiesalliance.org/index.html

Institut de développement rural: Email: info@rdiland.org Website: www.rdiland.org





Une croissance dynamique dans le secteur africain des TIC révèle l'existence d'une multitude de PME

Un sondage nouvellement effectué sur 14 pays africains en 2006 a attesté de l’incidence des nouvelles techniques de l’information et de la communication (TIC) sur le développement du secteur privé et sur sa contribution à l’épanouissement d’un secteur de petites et moyennes entreprises (PME) actif en Afrique. Il a découvert le dynamisme du secteur des PME, son adoption rapide du téléphone portable (96 pour cent en disposent), et comment, si celui-ci est adopté de concert avec cette nouvelle technologie, une croissance extraordinaire est possible.  

Le sondage, Vers un index électronique africain : Accès des PME aux ressources électroniques et usage de celles-ci dans 14 pays africains, portait seulement sur les entreprises employant moins de 50 personnes et prenait en compte l’énorme secteur non structuré de ces pays.  Il recherchait s’ils avaient accès aux TIC, comment ils les utilisaient et si ces derniers les rendaient plus productives  Les PME présentaient un intérêt particulier car elles ne gaspillent pas d’argent (la plupart de ces gens essaient de survivre) et elles n’utilisent que ce qui leur est réellement utile pour augmenter leurs revenus. Dans le secteur non structuré, cela est devenu le téléphone portable.

Le sondage portait sur le Botswana, le Cameroun, l’Éthiopie, le Ghana, le Kenya, le Mozambique, la Namibie, le Nigeria, le Rwanda, l’Afrique du Sud, la Tanzanie, l’Uganda, la Zambie et le Zimbabwe.  La plupart des pauvres du pays travaillant dans le secteur des PME, on savait peu de choses sur l’incidence des TIC et leur lien avec la profitabilité et la productivité de la main-d’œuvre.  Un sondage des entreprises du secteur structuré seulement n’aurait pas donné une image fiable puisqu’environ deux-tiers du PIB ne provenant pas de l’exploitation de ressources a pour source les PME et une grande partie de cela, les entreprises non structurées.  

« Il s’agit d’un secteur qui n’a aucun accès au secteur financier structuré » précise le Dr. Christopher Stork, chercheur principal à l’université Witwatersrand d’Afrique du Sud. « Le téléphone mobile présente l’occasion de mettre ce marché à profit et d’offrir des services financiers, bancaires, de transferts d’espèces, -nous voyons déjà cela au Kenya, sans les risques des autres services. Ces entreprises non structurées peuvent établir une histoire, apprendre à mieux contrôler leurs affaires et à recevoir des prêts. Lorsque le système financier est dysfonctionnel et inabordable, le crédit-temps peut devenir la nouvelle forme de liquidités. »

L’Afrique compte une forte proportion d’entrepreneurs car il n’existe pratiquement aucun soutien social sur lequel se rabattre et qu’il faut se mettre en affaires pour survivre. La plupart le font dans le secteur parallèle où ils peuvent éviter de payer des impôts, payer des salaires bas et bénéficier d’un minimum de frais généraux. Selon Stork, pour un gouvernement qui aurait la volonté de s’attaquer véritablement à la pauvreté, la meilleure approche serait de reconnaître ce secteur et, plutôt que de l’écraser, de l’amener à fonctionner ouvertement et d’intervenir pour lui permettre de devenir plus sophistiqué et efficace. Le téléphone portable constitue à ses yeux un élément clé de cette stratégie.

« Une technologie novatrice peut aider ces entrepreneurs à acquérir les outils nécessaires pour mieux réussir en affaires. Il y a un manque de compétences dans tous les domaines, un manque de compétences comptables, un manque de compétences dans le domaine de la gestion  C’est là que les TIC peuvent vaincre ces lacunes.  Les PMI peuvent obtenir un état mensuel de toutes leurs transactions d’affaires, ce qui en facilite la gestion. Cela constituerait un excellent moyen de distribuer la micro-finance.  Les clubs d’épargne pourraient entreposer de l’argent sur les téléphones.

L’e-Index a aussi noté la tendance des prestataires de service à fusionner et à proposer des services régionaux communs.  Cela pourrait provoquer une explosion du commerce transfrontalier à mesure que la communication par téléphone portable pour les affaires deviendra moins onéreuse et plus facile. L’e-Index a également constaté que l’importance croissante des cafés Internet demeure. Ils continuent à évoluer en centres d’affaires polyvalents proposant une gamme étendue de services, allant de l’affichage au traitement de texte.  Ils représentent encore à l’heure actuelle le principal mode d’accès à Internet. La large bande n’existant encore pratiquement pas et étant très chère, il revient au téléphone portable de permettre l’accès à Internet, bien que cet accès se cantonnera principalement aux capitales du continent. 

Le commanditaire du sondage, le réseau Research ICT Africa! (RIA!), cherche à instaurer une base de savoir concernant l’Afrique sur laquelle fonder  la politique des TIC et un schéma de réglementation. Le réseau est issu d’un besoin croissant d’informations précises et d’analyse afin d’aider le continent à participer à l’ère de l’information. Il va, pendant toute l’année  2007 sonder les foyers sur l’accès aux ressources électroniques et leur usage et présentera ses résultats en 2008.

Vous pouvez télécharger gratuitement la totalité du rapport Towards An African e-Index: Vers un e-Index africain : l’e-accès et l’e-usage dans 14 pays africains ici .





Le tourisme africain, dont la croissance est la plus forte du monde, est source d'opportunités

Après le recul enregistré suite aux attentats du 11 septembre 2001, le tourisme mondial a repris son essor. Le tourisme touche enfin l’Afrique dont la population s’élève à 888 millions d’habitants (chiffre ONU de 2005) parmi lesquels 46 pour cent de ceux qui vivent dans la zone sub-saharienne disposent de moins d’1 USD par jour. Mené par le Kenya et l’Afrique du Sud, le continent a enregistré la plus forte croissance touristique du monde selon l’Organisation mondiale du tourisme (OMT). Alors que les prévisions mondiales sont de quatre pour cent pour 2007, l’Afrique dans son ensemble a bénéficié d’une croissance de 10,6 pour cent en 2006.

Le tourisme, en raison de la forte quantité de main-d’œuvre qu’il exige, est considéré comme un excellent moyen de résorber  la pauvreté et de réaliser les objectifs du millénaire pour le développement. Il favorise les entreprises commerciales de petite échelle, il est décentralisé et peut diversifier les économies nationales; enfin, relativement non polluant, il peut contribuer à la conservation et à la promotion du patrimoine naturel et culturel et surtout, servir de catalyseur au lancement d’autres secteurs de l’économie.

De l’avis quasi général, le tourisme est devenu aujourd’hui, l’une des plus grandes, sinon la plus grande industrie du monde. Il a connu une croissance rapide et presque continue au cours des 20 dernières années et constitue maintenant la source la plus importante de main-d’œuvre du monde et de produit intérieur brut (PIB). Le tourisme profite particulièrement aux pays en développement où la plupart des emplois et des entreprises de ce nouveau secteur sont créés. Cet essor rapide a conduit de nombreux pays en développement à voir dans le tourisme le moteur de la croissance économique et de nombreux organismes mondiaux d’assistance au développement pensent qu’il a réellement le potentiel d’aider les pays à parvenir à un grand nombre de leurs objectifs de développement.

Le tourisme permet de diversifier les économies locales et de promouvoir la création de micro et de petites entreprises, dont beaucoup appartiennent à des femmes.  Ces entreprises améliorent le niveau de vie des entrepreneurs pauvres, notamment dans les zones rurales où existent souvent peu d’autres moyens de subsistance. Le tourisme qui nécessite généralement beaucoup de main d’œuvre, tend à employer une plus grande proportion de femmes et de jeunes que la plupart des autres secteurs. Il introduit la technologie et une infrastructure de base et renforce les liens avec le monde extérieur. Des projets de tourisme bien planifiés et exécutés peuvent améliorer la gouvernance locale, la gestion des ressources naturelles, la sauvegarde de la biodiversité et d’autres objectifs importants de développement.

Au sein de l’Afrique, l’Afrique subsaharienne est venue en tête avec une croissance de 12,6 pour cent. Les pays qui en ont le plus bénéficié sont le Kenya, l’Afrique du Sud, le Mozambique, le Swaziland et les Seychelles. Le Kenya a reçu près d’un million de touristes en 2006 qui lui ont rapporté 857 millions USD de recettes.

La réussite du Kenya tient au fait que le pays  a réservé 10 pour cent de son territoire à la conservation de la biodiversité et de la faune. La majorité des touristes viennent pour voir les « cinq  vedettes», éléphants, rhinocéros, lions, buffles et léopards. Le tourisme emploie actuellement 11 pour cent de la population active du pays.

L’organisation mondiale du tourisme a publié en octobre 2004 la Déclaration de Washington sur le tourisme comme stratégie de développement durable (www.worldtourism.org). Les gouvernements, les organismes d’aide internationaux et les universités  chefs de file ont convenu de faire du développement durable du tourisme une priorité absolue dans leur stratégie visant à diminuer la pauvreté et à atteindre d’autres objectifs du millénaire pour le développement.

Les organismes d’aide comme USAID ont ciblé les femmes pour micro financer des projets de tourisme. Ils ont pu aider des femmes à mettre sur pied des entreprises d’artisanat en Tanzanie et au Botswana. L’organisme britannique DfID a aidé Toni Shina du Backpack basé au Cap à devenir une entreprise de commerce www équitable. «Fair Trade Tourism South Africa [le commerce équitable dans le secteur du tourisme d’Afrique du Sud] reconnaît notre engagement à relever le niveau de vie de notre personnel et de la communauté et notre utilisation de fournisseurs de services locaux », souligna-t-elle. « En tant qu’entreprise, nous conservons et soutenons notre personnel touché par le SIDA et le VIH et respectons scrupuleusement les normes du travail et les normes légales. »

Le concept de commerce équitable est de plus en plus reconnu. Dans une enquête récente sur l’industrie locale du tourisme en Afrique du Sud, la moitié des personnes interrogées connaissaient la marque Fair Trade Tourism South Africa.

Par contre, le Rwanda illustre l’échelle des opportunités manquées. Edwin Sabuhoro, consulté sur un plan de gestion du Parc National des Volcans incite les communautés habitant aux alentours à adopter l’écotourisme et à tirer profit des touristes qui viennent voir les gorilles vivant à proximité.

« Selon notre recherche, a-t-il déclaré au New Times de Kigali « certains touristes disent qu’ils remportent leur argent chez eux faute de trouver de quoi le dépenser ». Il a en outre ajouté que le sort des gorilles est directement lié à la pauvreté de la population environnante. Il est impossible de mettre fin au braconnage si la communauté environnante est pauvre et n’a pas d’autre sources de revenus ».

L’Éthiopie qui est devenue l’une des dix premières destinations touristiques en 2007 selon le spécialiste des guides de tourisme Frommer, constitue un exemple parfait de l’attrait qu’exerce actuellement l’Afrique. Selon le guide, « l’Éthiopie sort finalement de l’ombre où l’avaient plongée des années de conflits politiques, de difficultés économiques et de famine. L’amélioration de l’infrastructure a augmenté l’attrait des voyages en Éthiopie, particulièrement parmi les voyageurs à l’esprit indépendant et ceux qui cherchent l’aventure. »

Un autre pays, la Tanzanie cible le tourisme comme secteur de croissance déterminant.  Le pays claironne son calme, sa stabilité et son faible taux de criminalité pour attirer les touristes.

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